Deuxième anniversaire de L'or des livres!

Publié le par Emmanuelle Caminade

 

L'or des livres fête son deuxième anniversaire!

Un premier bilan, après deux ans de pratique, qui m'amène à préciser les objectifs de ce blog  - créé le 9 septembre 2008 - et  à m'expliquer sur la manière dont j'aborde les livres et, surtout, dont j'entends en rendre compte.

 

 

Folon

Aquarelle de Jean-Michel Folon

 

Statistiques et tendances générales

 

Bilan global de la période (09-09-08 / 09-09-10):

 

Visites totales : 14 308

Pages vues : 26 668

Mois record : mai 2010 avec 1961 pages vues

Jour record : 7 septembre 2010 avec 143 pages vues

71 livres ont été critiqués

51 auteurs sont présents à l'index

Nombre d'abonnés à la newsletter : 15

Blog entré dans le classement Wikio Littérature le 1er septembre 2010 : en 393ème position !


Des résultats encore modestes, même si L'or des livres enregistre une nette montée en puissance en 2010, liée à la croissance du nombre de livres «au catalogue», à l'inscription du blog sur divers annuaires et à des liens plus nombreux vers ce blog sur des sites amis, ainsi qu'à mes interventions sur plusieurs sites et forums littéraires.

 

Des tendances qui s'affirment nettement :
   

- Prédominance de la littérature française ( 43 livres/27 auteurs) , avec une part importante d'écrivains corses (18 livres/8 auteurs), suivie de la littérature francophone du Maghreb (7 livres/5 auteurs ) , de la littérature italienne (5 livres/5 auteurs) et russe (5 livres/4 auteurs) ...

 

- Prépondérance des romans

(44 livres sur 71), suivis des contes et nouvelles (8), de la poésie (7) et des essais (7) ...

 

- Priorité à la littérature contemporaine

( 50 livres sur 71, 40 auteurs sur 51)

 

- Citation systématique de larges extraits des livres

Pratique apparue fin 2009 ( extraits en V.O pour la littérature italienne)

 

Je n'avais pas toujours anticipé ces tendances qui me conviennent parfaitement.

Je poursuivrai donc dans cette voie, avec toutefois une ouverture plus diversifiée sur la littérature étrangère ( 2011 sera pour moi l'année de la littérature portugaise – qu'à ma grande honte je ne connais pas du tout).

La place privilégiée accordée à la littérature contemporaine s'est peu à peu imposée, sans que je me focalise  excessivement sur l'actualité littéraire.

J'aime, certes, présenter quelques livres très récemment sortis - d'auteurs que je suis ou que je découvre - mais je ne souhaite pas obéir au temps médiatique rythmé par les rentrées littéraires.

Au sein de la littérature française contemporaine, je privilégierai toujours certains livres oubliés et auteurs injustement négligés par le circuit médiatique, auxquels il me semble important de tenter de donner un peu de visibilité.

Quant à la citation systématique de larges extraits des oeuvres, elle est devenue désormais une des spécificités  de ce blog.

Outre que donner un aperçu conséquent d'un texte est la meilleure manière de rendre justice à son auteur, cela me semble une nécessité pour les livres peu connus, rarement consultables à l'étal d'une librairie ou disponibles dans une bibliothèque. Il faut donc aider les lecteurs curieux à s'aventurer en terrain inconnu malgré le coût – parfois dissuasif pour certains – d'ouvrages qui ont peu de chances d'être publiés en collection de poche.

 

 

 

Observations instructives

 

Rareté des commentaires concernant les oeuvres analysées :

 

Peu d'articles suscitent des échos et rares sont les livres suite auxquels un échange s'instaure.

Je le déplore mais ne m'en étonne guère car cela reflète malheureusement ce qui se passe sur de nombreux sites littéraires.

Le faible nombre de visiteurs du mien, cumulé au fait que je mets souvent en lumière des livres peu connus accentue sans doute le phénomène. ( Il est significatif que ce soit ma critique du prix Goncourt 2008 qui ait reçu le plus de commentaires...)

 

Des critiques personnelles :

 

Des critiques ont – bien au-delà de mes analyses - remis en cause à plusieurs reprises mes compétences personnelles, tant sur ce blog que sur des sites extérieurs.

 

Je tiens à préciser que je souhaite vivement que l'on critique et discute mes lectures car c'est la multiplicité des interprétations qui fait vivre la littérature.

De même, j'accepte volontiers – et j'apprécie même quand c'est justifié – que l'on me signale mes coquilles, mes erreurs orthographiques, lexicales ou grammaticales et souligne mes lacunes culturelles et mes incohérences. Mais je ne vois pas l'intérêt de formuler ces remarques sur le mode agressif.

Or ces critiques sont souvent très virulentes quand elles émanent de chroniqueurs, de critiques professionnels ou de personnes venant à leur rescousse pour défendre la profession.

Et le principal reproche sous-tendant ces attaques réitérées semble être ma prétendue prétention à m'afficher comme critique littéraire (1) .

C'est pourquoi il me semble utile de m'expliquer.

 

 

 

Mise au point sur mes intentions et ma démarche

 

Tout d'abord, je ne cherche aucunement à rivaliser avec les critiques littéraires professionnels ( du moins avec les vrais !) car j'ai rarement l'ampleur de la culture nécessaire pour situer correctement un livre dans l'oeuvre de son auteur, dans un courant littéraire ou dans le contexte d'une époque.

Par ailleurs, je préfère laisser certaines méthodes d'analyse – et tout l'appareil conceptuel qui va avec - , trop techniques à mon goût, aux spécialistes de la littérature.

 

Mais, à défaut de me prendre au sérieux, je prends la littérature très au sérieux!

Et si je définis L'or des livres comme un blog de critique ou d'analyse littéraire, c'est uniquement parce que je tente d'y porter un regard approfondi, précis et argumenté, critique, sur la littérature.

Je ne savais pas que la littérature était une chasse gardée et qu'il était risqué de s'aventurer à l'analyser et la critiquer sans permis et sans respecter les codes* en usage ...

*Je suis libre de toutes contraintes hormis celles que je m'impose ...

 

Je suis avant tout une lectrice prenant le temps de lire, de s'abandonner à un livre et de le laisser cheminer. Je n'ai jamais eu, pour autant, le projet de faire de L'or des livres un blog de lecture où je livrerais mes impressions, mon ressenti, avec brièveté et spontanéité, pour simplement partager mes «coups de coeur» ( cela serait certes moins dérangeant pour mes détracteurs...) .

 

L'ambition de ce énième blog parlant des livres était – et est toujours - d'occuper un créneau encore peu utilisé en proposant  quelque chose  qui ne serait ni une  critique érudite , ni la  simple expression d'un ressenti. Une approche qui personnellement m'apporte beaucoup  et que je pense pouvoir aussi intéresser d'autres lecteurs ...

 

Je m'intéresse ainsi à ce que me raconte une histoire (2) en me situant dans une totale subjectivité, même si je ne prends pas toujours suffisamment de précautions oratoires pour le rappeler.

(2) pour les fictions représentant l'essentiel des oeuvres présentées sur ce blog.

Et ce qui m'importe le plus, c'est de rechercher et de comprendre précisément ce qui dans le texte d'un écrivain est entré en résonance avec d'autres textes, oeuvres culturelles ou événements qui m'ont impressionnée – comme on le dirait d'une pellicule sensible -, de mettre à jour ce réseau de connexions mis en branle par la littérature , qu'il soit initié délibérément – explicitement ou implicitement – par l'auteur ou non , de voir comment ces articulations multiples enrichissent la réflexion et font vivre la littérature .

La manière dont est racontée une histoire - le style, la construction, les partis-pris narratifs ... -, partie intégrante de cette histoire, me semble également très parlante et j'y attache une grande importance.

Cette démarche m'entraîne souvent à écrire des «critiques» assez longues que j'essaie de rendre lisibles en les organisant et les formulant de la manière la plus claire. Sans doute suis-je un peu laborieusement démonstrative ( et «mon ami Georges» n'a pas forcément totalement tort ! (1)), mais au moins cela montre-t-il que je ne me prends pas non plus pour un écrivain ...

 

Après deux ans d'expérience, ce bilan me semblait nécessaire  et j'espère qu'il permettra aux prochains visiteurs de mieux comprendre l'esprit de ce blog.

 

 

 


(1) Quelques exemples significatifs

 

Sur ce blog:

 

Un visiteur n'a pas supporté mon article sur Misère de l'Art de J.-P. Domecq :

« On pourrait même croire que vous critiquez l'activité même de critique littéraire,plutôt que le livre de J-P Domecq » !

Il m'a poursuivie de sa hargne pendant un certain temps avant de formuler plus précisément son reproche : Il serait non seulement impudent, mais d'une incohérence totale de présenter son blog comme un «blog d'analyse littéraire» et d'affirmer n'avoir «aucune prétention littéraire » n'étant «ni spécialiste de la littérature , ni écrivain»...

 

Sur A contre-courant, le blog d'un «éminent» chroniqueur politique quelque peu militant :

 

J'ai été très violemment prise à parti par Georges Stanechy – avec d'autres - pour avoir trouvé de l'intérêt à Syngué Sabour d'Atik Rahimi , un commentaire tiré de ma critique s'étant même vu décerner la palme de l'imbécillité. Cela m'a valu, pendant plus d'un an, des attaques délirantes et réitérées sur le racisme et l'islamophobie que véhiculerait mon blog, sur mon «ignorance crasse», mon «obscurantisme» et mon «fanatisme sans borne»...

Et il a fallu plusieurs échanges vigoureux pour que je comprenne, avec amusement, la vraie raison de cet acharnement exclusif à mon encontre alors que bien d'autres blogueurs avaient trouvé des qualités à ce «Goncourt» décrié...

 

Je vous livre ce délectable morceau de bravoure :

 

 

(...) La remise en cause, visiblement, vous ne semblez pas vous y faire. Surtout, ne pas contester vos choix et approches. Pensée aseptisée, formatée, est votre « credo ». Libre à vous.  

Vous vous piquez de « critique littéraire ». Fort bien.

Mais, la « critique littéraire » n’est pas le « copié-collé » des quatrièmes de couverture ou des fiches* rédigées par les attachés de presse des maisons d’édition. Pour pondre une rédaction scolaire sur un ouvrage à la mode, digne du niveau d’un élève de « seconde scientifique ».

  Autant cela est compréhensible de journalistes de la presse ou de l’audiovisuel. Ils ne sont que les relais de la promotion d’écrivains et de « lignes éditoriales » décidées, souvent malgré eux, pour avantager tel produit ou telle propagande. Je les comprends de subir ces pressions. Les jobs sont durs à trouver, et encore plus difficiles à converser.

  Mais, sur Internet la « critique » est libre !...

  Etre critique littéraire c’est lire. Non seulement les lignes, mais entre les lignes. « Contextualiser », comme disent les médias qui en sont incapables. Surtout exercer « son esprit critique ».

  Véhiculer comme vous le faites les stéréotypes les plus éculés sur la femme musulmane exploitée par des barbus, alors que rien qu’en France les viols recensés "officiellement" sont de 48.000 par an, vous couvre de « ridicule ».

  Tout cela participant de la diabolisation des pays musulmans bombardés, envahis, détruits, pillés, asservis.

 Il ne s’agit pas de prendre parti pour telle ou telle cause, mais avant tout de ne pas se faire le relais imbécile d’une propagande raciste, fondée sur la conception de la primauté d’une race sur les autres. 

Ni plus, ni moins.

  Les "Précieuses Ridicules", par leur colportage aveugle, imbécile, criminel, des clichés et préjugés justifiant toutes les horreurs, violences et massacres à l’encontre d’autres populations, dont femmes et enfants en premier lieu, font des ravages.

  Si vous en faites partie, c’est votre choix.

 Libre à vous, de l’assumer.

  Libre à moi, de le contester.


 Commentaire du 03/12/2009 de Georges Stanechy, répondant à mes protestations suite à son article du 29 juillet qui ,pour la troisième fois sur son blog ,me mettait personnellement en cause ( références en rubrique «page»)



*A propos des fiches de presse


Une petite anecdote qui me paraît aller dans le même sens :

J'ai rarement accès aux fiches de presse pour la bonne raison qu'aucun grand éditeur ne m'a jamais envoyé un seul livre de son propre chef.

J'ai pourtant contacté en 2009 le service de presse de quatre d'entre eux, mettant en avant mes "critiques" élogieuses de plusieurs de leurs publications récentes et la parution de mes articles – à l'époque également- sur le site du journal Mediapart.

Aucun n'a daigné me répondre! Sans doute car je n'appartiens pas au sérail...

Je peux néanmoins bénéficier de leurs nouveautés à prix réduit car il existe un véritable trafic sur Amazon : certains journalistes en effet n'ouvrent pas les livres qui leur sont adressés par les services de presse de ces grands éditeurs ( je ne sais s'ils les critiquent, mais ce n'est pas impossible !) et ils se précipitent pour les vendre. Certains, dans leur hâte, oublient même d'effacer les dédicaces, parfois très personnelles, des pauvres auteurs qui les leur ont fait adresser ...



 

Publié dans Bilan - réflexion...

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MalkoNimu 15/10/2010 00:33



Bonjour Mlle Caminade, rien de particulier à vous dire, seulement merci.



norbert paganelli 14/09/2010 12:07


Bravo, voici un bilan qui dit les choses directement, avec franchise et clarté! Je te remercie Emmanuelle mais je constate qu'il est encore moins facile de tenter une approche similaire en ce
concerne la littérature corse...Curieux non ? Non pas curieux au fond...


Renucci François-Xavier 11/09/2010 17:32


Emmanuelle, un petit écho pour te remercie d'un tel bilan. Très instructif pour tous ceux qui se "piquent", d'une façon ou d'une autre, de faire vivre la littérature sur les blogs. Je peux
témoigner en tant que lecteur de ton blog que j'y trouve presque toujours un grand plaisir de lecture. Ce qui me frappe, c'est la clarté de ton propos, la présence calmement argumentée de critiques
négatives, un engagement personnel sincère. J'ai découvert certains livres que je me suis promis de lire, plus tard (je pense au livre de l'auteur basque, notamment). Et puis, bien évidemment, tu
dois être l'unique blog non corse à présenter autant et aussi bien de nombreux ouvrages de la littérature corse ! Et ça c'est vraiment une grand chance pour cette très jeune littérature ! Alors
merci, en attendant la suite avec impatience !