"The road / La route", de Cormac McCarthy

Publié le par Emmanuelle Caminade

the road

Pour aborder Cormac McCarthy, un des écrivains américains les plus importants de sa génération, j'ai choisi son dernier roman The road (La route), un livre culte – vendu à plus de deux millions d'exemplaires aux Etats-Unis - qui remporta le prix Pulitzer en 2007 et reçut des éloges dityrambiques des critiques comme des lecteurs. Et je dois dire que malgré les qualités indéniables de ce livre, mes attentes ont été un peu déçues.

Un mystérieux cataclysme (1) a réduit le monde en cendres et les rares survivants semblent retournés à l'état sauvage, regroupés pour la plupart au sein de menaçantes hordes de pillards cannibales. Dans ce monde gris privé de lumière, poussant péniblement un caddie empli d'objets glanés ça et là pour assurer leur survie, un homme et son jeune fils font route vers le Sud.

Malgré la pluie et la neige, le froid et la faim, la peur et la fatigue, ils poursuivent obstinément leur voyage insensé, "Sisyphes" «marchant sur le monde mort comme des rats tournant sur une roue» (2), porteurs de feu (3) tentant désespérément d'empêcher l'extinction de l'humanité, le héros se persuadant sans cesse qu'il faut avancer, qu'il faut continuer , qu'on n'a pas le choix (4)...

 

1) Le pays a été entièrement ravagé par de gigantesques incendies d'origine inconnue qui ont tout brûlé sur leur passage: végétation et bâtiments, hommes et animaux. De vastes territoires autrefois prospères jamais nommés qui évoquent cependant fortement l'Amérique...

2) «Treading the dead world under like rats on a wheel

3) «We're carrying the fire»

4)Tout au long du texte, l'homme répète régulièrement d'une manière s'apparentant à la méthode  Coué : «we have to...», «we have no choice»...

 

Dans cette parabole apocalyptique, la puissance des ténèbres (5) affronte une frêle lumière dans une lutte disproportionnée et sans cesse renouvelée. La laideur terrifiante de l'homme et la mort «implacable» comme «absolue vérité» du monde contre cette lueur portée par un enfant à «l'étrange beauté», une «sorte d'ange» compatissant, un messager divin, dernier espoir rédempteur. Et Cormac McCarthy invite à réfléchir aux éternelles questions sur notre monde : sur la condition humaine et l'existence d'un dieu, sur le problème du mal et la fragilité de la civilisation.

Grâce à la force de son style il réussit sans conteste à faire sourdre l'émotion, et surtout cette tendresse unissant le père et son fils qui représentent tout l'un pour l'autre, illuminant ainsi la noirceur de son roman. Mais, malgré de nombreuses scènes magnifiques dans leur simplicité et certains passages assez inspirés, le livre a un peu de mal à tenir la distance. Les quelques faiblesses du récit combinées aux effets pervers de l'écriture finissent en effet par rendre monotone et prévisible l'errance des deux attachants héros de cette contre-utopie.

5) Cormac Mac Carthy nous propose une descente aux enfers, dans une sorte de préhistoire bestiale  faisant surgir la barbarie enfouie au fond de l'homme, qui évoque Au coeur des ténèbres,  la nouvelle de Conrad

 

Un style puissant

 

La force du livre tient en grande partie à son style.

Pas d'ampleur ni de fluidité dans l'écriture dépouillée de Cormac McCarthy. Le texte est fragmenté en nombreux paragraphes, comme découpé en tableaux successifs, les dialogues se démarquent en général nettement du récit par un retour à la ligne mais sont rarement introduits. L'auteur de même évite les mots de liaison préférant juxtaposer ses phrases, des phrases souvent courtes, réduites à quelques mots voire à un seul qui, parfois répétés, résonnent comme une scansion(6) impulsant un rythme au récit. Et il recourt rarement aux virgules ce qui accentue la brutalité de la ponctuation, ouvrant des espaces, des silences dans lesquels s'insinue une intense émotion.

Il affectionne de plus les phrases nominales et les participes présents ou passés  qui renforcent la concision du texte tout en ajoutant une sensation de pesanteur, d'immobilisme, notamment dans les descriptions des paysages dépourvus de vie. Quant aux nombreux dialogues entre le père et l'enfant, ils sont délibérément minimalistes, l'essentiel de leurs échanges passant par les attitudes, par les regards , par le silence plus que par la parole, ce qui donne, là encore, plus d'intensité émotive.

Tout ceci n'empêchant pas Cormac Mac Carthy de faire avancer son récit en utilisant aussi des phrases plus longues dont les propositions sont invariablement reliées par "et", l'accumulation de ces "et" dans certains moments forts, certains moments d'espoir, créant parfois même un effet d'emballement.

6) par exemple : «We went on .» « Silence.» ou comme (déjà cité en 4) «we have no choice»...

 

Grâce au dépouillement de son écriture l'auteur évite aussi l'écueil du pathos et de la complaisance malsaine dans certaines scènes qui auraient pu s'y prêter. Ainsi le récit de la mort du père, d'une sobriété extrême, est-il bien plus émouvant sans recours au registre larmoyant et Cormac McCarthy reste-t-il assez succinct dans ses évocations des scènes d'horreur, donnant les détails sordides nécessaires sans s'appesantir dessus - son héros  tentant d'en épargner à l'enfant la vision -, se contentant parfois d'un «Oh Seigneur» des plus parlant. Un parti-pris qui renforce leur aspect terrifiant - un certain flou stimulant bien plus l'imagination - et fait de cette réalité une sorte de cauchemar.

La pauvreté du vocabulaire dans les dialogues contraste avec la profusion et la variété des termes spécialisés – parfois même très peu usités – employés par l'auteur pour raconter le quotidien de ses héros : vocabulaire géographique et surtout technique pour décrire leur progression dans les campagnes et les villes dévastées, pour détailler les différentes opérations et manipulations nécessaires à leur survie, pour inventorier tous les objets restants dans les lieux abandonnés qu'ils explorent à la recherche de nourriture, de combustible ou de vêtements...

Un "hyperréalisme technique" permettant, selon un procédé bien connu de la littérature fantastique, de renforcer la crédibilité de ce monde post-apocalyptique mais qui souligne aussi le propos du livre. Alors que l'auteur ne désigne ses héros que par «the man» et «the boy» (rarement «the child »), comme les derniers spécimens d'une espèce en voie de disparition, s'acharner ainsi à donner un nom précis aux derniers exemplaires de choses qui n'existeront plus, aux traces de l'ancien monde (tout comme faire recourir sans cesse ses héros à cette carte géographique qu'ils conservent précieusement), semble en effet illustrer un espoir fou de le ranimer, une tentative dérisoire de résistance...

Par ailleurs, les descriptions jouent sur une symbolique appuyée et nous donnent à voir, à sentir et à entendre bien plus que des couleurs, des odeurs, des silences ou des sons. L'auteur crée une atmosphère terrifiante en installant un monde  figé, sombre et opaque, renvoyant souvent  à la forêt impénétrable  d'Au coeur des ténèbres, comme une planète inconnue où le soleil ne brille jamais, où règne un grand silence oppressant et mystérieux parfois interrompu par un roulement de tonnerre inquiétant, un tremblement de terre funeste ou un «battement de tambour» lointain, un pays semblant disparaître dans des brumes cendreuses, dans un «brouillard sanguinolent », comme sous un voile masquant l'horreur. Certaines images saisissantes semblent même répondre à celles de Conrad, Cormac McCarthy partageant avec l'écrivain anglais son génie macabre. Ainsi ces cadavres fondus dans le macadam, saisis par la mort dans des poses et des contorsions variées, rappellent-ils un tableau de moribonds aperçus derrière un bosquet et la découverte d'une rangée de têtes calcinées sur des piques nous renvoie-t-elle à la la maison de Monsieur Kurtz.

 

Des scènes magnifiques et des passages inspirés

 

Le livre recèle de beaux moments, marquants dans leur simplicité, de belles scènes qui semblent presque encadrées, mise en valeur par le paragraphe entier qui leur est consacré. Comme «la journée parfaite» de l'enfance du héros illustrant une muette communion avec son oncle dont il se souvient avec émotion. Ou encore, sur une plage grise, ce court bain de l'enfant dans une mer tant désirée,une mer glaciale qu'il  aurait voulue bleue...

De nombreux passages sont assez inspirés. Ainsi cette idée des jumelles utilisées par l'homme pour contempler de son promontoire le paysage dévasté qui, associant le recul au grossissement des détails de cet enfer silencieux, souligne l'incongruité de sa présence dans ce monde mort. Ou la progression discrète et lancinante de la mort qui imperceptiblement se rapproche à travers cette toux si brièvement évoquée. De même l'auteur réussit-il à bien traduire cette abolition des frontières entre rêve et réalité, ce glissement vers des rêves si «riches en couleurs» comme un appel de «sirènes», ainsi que  vers ces réminiscences où affluent des moments de bonheur, où apparaît la femme disparue (en passant imperceptiblement à "she" ou "her"...). Et aussi cette manière quasi sacrée dont la lumière perce les ténèbres en s'incarnant dans l'enfant, un enfant semblable à une «bougie» qui déplace la lumière avec lui et semble venir d'un autre monde - un «troll» ou un «extra-terrestre» -, un enfant auréolé d'une lumière divine, portant la lumière en lui comme un «tabernacle» ...

 

Un récit qui  a un peu de mal à tenir la distance

 

On finit pourtant par se lasser de ce parcours répétitif, on n'en peut plus de décharger et de recharger le caddie, de dresser les bivouacs et d'allumer les feux. Et les longs inventaires, pièce à pièce, tiroir à tiroir, des maisons explorées deviennent tellement ennuyeux qu'on les lit en diagonale.

Certes, ces répétitions illustrent – laborieusement - l'aspect cyclique absurde de nos vies, mais Cormac McCarthy fait quand même preuve de manque d'imagination, se montrant incapable de renouveler les événements extraordinaires qu'il introduit pour relancer son récit. Il réitère ainsi la découverte d'un "petit paradis" - maison regorgeant de conserves alimentaires, de combustible et de couvertures - au moment crucial où ses héros affaiblis par la faim voient la mort approcher. Et ces derniers, à chaque fois, d'y rester quelques jours, prenant un bain chaud, se coupant les cheveux pour reprendre apparence humaine... De même, après l'exploration du train abandonné qui tranchait avec celle des maisons,  il recommence avec un bateau ! Et je ne parle pas des quelques rencontres-chocs sur la route, assez caricaturales, qui apportent finalement peu de surprise...

Par ailleurs, le simplisme des dialogues (7) et des représentations qu'ils véhiculent - notamment cette division manichéenne entre "les gentils" et "les méchants" («the good guys and the bad guys») -, devient à la longue pesant. Le fait que l'homme s'adresse à un enfant ne peut le justifier totalement, du moins pour un lecteur non américain, car ce "petit", d'après les quelques détails donnés par le texte, ne peut avoir moins de sept ou huit  ans, "l'âge de raison" selon notre voix populaire (8) !

Quant à cette "happy end" tellement annoncée, prévisible, elle ne me semble pas à la hauteur du roman et l'énigmatique et poétique dernier paragraphe, pour magnifique qu'il soit, est malheureusement plaqué bien artificiellement.

7) «Everything's okay ?» « It's okay ? » /«It's okay.» «I'm okay.» «Okay.»

8) Mais peut-être qu'aux Etats-Unis où des propos simplistes comparables ont souvent été tenus par des dirigeants politiques à des citoyens adultes, cet aspect du roman est-il plus ressenti comme dérangeant que simpliste et risible  !

 

De l'intérêt d'une lecture en V.O. ou du moins bilingue

 

Il est préférable à mon sens de lire ce livre dans sa version originale car la traduction ne peut rendre totalement compte du dépouillement, de la concision et de la neutralité, qui fondent en grande partie la qualité de l'écriture de Cormac McCarthy.

Il y a en effet une certaine dilatation de l'écriture à la traduction. Et tout d'abord, inévitablement, parce que l'anglais est une langue beaucoup plus concise que le français. De plus, bien souvent, les nombreuses phrases nominales utilisées dans les descriptions des paysages ne peuvent trouver leur équivalent en français et le traducteur – qui est contraint de faire des choix - privilégie souvent l'effet d'immobilisme et de pesanteur en recourant à des participes présents ou même à des relatives, au détriment de la concision (9).

9) Par exemple : «in leaden serpentine» était une formule bien plus ramassée et imagée, plus efficace que «déroulant leurs méandres de plomb »...

Par ailleurs la traduction s'éloigne parfois de la neutralité sèche du texte anglais en enjolivant ce dernier. Ainsi, par exemple l'expression «the darkning land», ne cherche-t-elle à produire aucun effet contrairement à la traduction poétique par «les terres gagnées par la nuit»... Il me semble aussi, quoique non spécialiste, que désigner le jeune garçon par «le petit» introduit une connotation très tendre tout à fait fidèle à l'esprit du livre mais peut-être moins présente dans «the boy» ou même absente du terme anglais.

Personnellement, je n'avais pas lu de livre en anglais depuis de longues années et me remettre à une lecture en V.O. avec The road fut à la fois facile et difficile. Facile car le texte est très fragmenté, aéré, car les phrases plutôt courtes ne présentent aucune difficulté grammaticale. Mais difficile vu l'ampleur du vocabulaire technique très spécialisé dans de nombreux passages, une ampleur décourageant le recours au dictionnaire – l'équivalent français de certains termes étant de plus pour moi tout aussi obscur ! Facile donc de comprendre l'essentiel mais difficile de décrypter l'accessoire qui dans ce livre est assez développé ...

J'ai donc dû opter pour une lecture bilingue, alternant ma découverte du texte en anglais et sa relecture en français par morceaux d'une douzaine de pages. Une solution que je conseillerai à ceux qui ne maîtrisent pas (ou plus) totalement la lecture de l'anglais. Et comme on trouve facilement cet ouvrage d'occasion dans les deux langues, on peut ainsi accéder à la version originale sans surcoût.

 

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The road, Cormac McCarthy, Vintage International Edition 2006, 287 p.

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La route, , Editions de l'Olivier 2008, traduit de l'anglais (E-U) par François Hirsch, Seuil, collection Points, 2009, 252 p.

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Biographie et bibliographie de l'auteur :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy

 

EXTRAITS :

 

p.3/4

     When he woke in the woods in the dark and the cold of the night he'd reach out to touch the child sleeping beside him. Nights dark, beyond darkness and the days more gray each one than what had gone before. Like the onset of some cold glaucoma dimming away the world. His hand rose and fell softly with each precious breath. He pushed away the plastic tarpaulin and raised himself in the stinking robes and blankets and looked toward the east for any light but there was none. In the dream from which he'd wakened he had wandered in a cave where the child led him by the hand. Their light playing over the wet flowstone walls. Like pilgrims in a fable swallowed up and lost among the inward parts of some granitic beast. Deep stones flues where the water dripped ans sang. Tolling in the silence the minutes of the earth and the hours and the days of it and the years without cease. Until they stood in a great stone room where lay a black and ancient lake. And on the far shore a creature that raised its dripping mouth from the rimstone pool and stared into the light with eyes dead white and sightless as the eggs of spiders. It swung its head low over the water as if to take the scent of what it could not see. Crouching there pale and naked and translucent, its alabaster bones cast up in shadow on the rocks behind it. Its bowels, its beating heart. The brain that pulsed in a dull glass bell. It swung its head from side to side and then gave out a low moan and turned and lurched away and loped soundlessly into the dark.

     With the first gray light he rose and left the boy sleeping and walked out to the road and squatted and studied the country to the south. Barren, silent, godless. He thought the month was October but he wasnt sure. He hadnt kept a calendar for years. They were moving south. There'd be no surviving another winter here.

     (...)

p.260/261

     (...)

     In the morning they ate and set out. The cart was so loaded it was hard to push and one of the wheels was giving out. The road bent its way along the coast, dead sheaves of saltgrass overhanging the pavement. The leadcolored sea shifting in the distance. The silence. He woke that night with the dull carbon light of the crossing moon beyond the murk making the shapes ot the trees almost visible and he turned away coughing. Smell of rain out there. The boy was awake. You have to talk to me, he said.

     I'm trying.

     I'm sorry I woke you.

     It's okay.

    He got up and walked out to the road. The black shape of it running from dark to dark. Then a distant low rumble. Not thunder. You could feed it under your feet. A sound without cognate and without description. Something imponderable shifting out of the dark. The earth itsdelf contracting with the cold. It did not come again. What time of year ? What age the child ? He walked out into the road and stood . The silence. The salitter drying from the earth. The mudstained shapes of flooded cities burned to the waterline. At a crossroads a ground set with dolmen stones where the spoken bones of oracles lay moldering. No sound but the wind. What will you say ? A living man spoke these lines ? He sharpened a quill with his small pen knife to scribe these things in sloe or lampblack ? At some reckonable and entabled moment ? He is coming to steal my eyes. To seal my mouth with dirt.

     (...)

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Publié dans Fiction

Commenter cet article

Cécile 26/01/2017 17:25

Merci pour cet article. J'ai lu dans une critique que le périple du père avec son fils pourrait représenter l'installation des pionniers, où tout autour d'eux paraissait hostile et les autres habitants, que ce soient les Indiens ou les autres pionniers, étaient des ennemis potentiels. Ce roman montre à quel point la logique individualiste peut pousser un homme. Il croit protéger son fils, mais il se prive du soutien des autres en refusant de croire qu'eux aussi pourraient être 'des gentils'. La fin montre comment le fils peut entrevoir de continuer à vivre avec d'autres gens, qui eux étaient prêts depuis longtemps à l'accueillir avec bienveillance. J'ai trouvé que cette interprétation était relativement optimiste, car le changement qui survient pourrait apporter une amélioration.

Emmanuelle Caminade 26/01/2017 19:47

Merci de ce commentaire qui ouvre une autre interprétation possible.

GRUNDMANN 30/11/2013 18:07


Article remarquable. 

Jean-Marc 14/04/2012 23:36


Ce livre est l'ouvrage le plus désespérant qu'il m'ait été donné de lire. Et Dieu sait si j'aime la lecture. Dans le registre de l'évolution désespérante de la société américaine, je préfère de
loin RusselL Banks. A ce titre, son dernier livre "Lost memory of Skin", traduit récemment chez Actes Sud sous le titre "Lointain souvenir de la peau" est pure merveille.

Emmanuelle Caminade 15/04/2012 10:02



Merci du conseil. Je vais essayer de le lire en V.O. Si je n'y arrive pas, je pourrai au moins me rabattre sur la traduction !


Un entretien avec Russel Banks  sur Mediapart :


http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/280312/russell-banks-internet-je-et-nous


 



Theoma 13/04/2012 10:55


il est toujours sur l'étagère, cette année je m'y mets !