"Massacre des Innocents" de Marc Biancarelli

Publié le par Emmanuelle Caminade

"Massacre des Innocents" de Marc Biancarelli

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1629, le Batavia, superbe navire affrété par la puissante Compagnie hollandaise des Indes orientales qui avait bâti son empire sur le commerce des épices, s'échoua sur un récif des Houtman Abrolhos au large de l'Australie. A son bord, outre une très riche cargaison aiguisant certains appétits, plus de trois cents personnes, marins et soldats pour les deux tiers mais aussi passagers, dont un bon nombre de femmes et d'enfants.

 

Gravure uit het boek Ongeluckige voyagie, van't schip Batavia, 1647

 

De très nombreux rescapés purent trouver refuge sur les ilots de l'archipel avant qu'un groupe mené par l'élite des officiers ne les abandonne pour tenter de rejoindre Java sur l'unique grand canot du navire et que l'épave ne soit engloutie. Mais quand les secours arrivèrent à la mi-septembre, plus de cent personnes innocentes avaient déjà été méthodiquement massacrées sous les ordres de Jeronymus Cornelisz, démoniaque assistant subrécargue (sorte d'intendant adjoint) secondé par une petite bande d'affidés, quelques femmes ayant été épargnées pour être livrées à leur plaisir. La plupart des naufragés, terrorisés, avaient participé à la tuerie sous la contrainte ou avaient laissé faire, tandis que Weybbe Hayes, un soldat sans grade, s'était opposé au psychopathe, réussissant à survivre et à organiser la résistance sur l'île dans laquelle on l'avait relégué avec ses compagnons. Les responsables du massacre furent alors jugés et condamnés, le seul homme digne de ce nom étant promu et considéré comme un héros.

 

Le supplice de Cornelisz

 

De ce fait divers qui frappa durablement les esprits tant par son extrême violence que par son ampleur inégalée, il reste de multiples traces écrites. Et quand on redécouvrit l'épave du Batavia en 1963, il donna de nouveau lieu à toute une littérature que sembla clore l'ouvrage de l'historien anglais Mike Dash, Batavia's graveyard, traduit en français sous le titre L'archipel des hérétiques (Lattès, 2002).

Après "un prodigieux travail de détective dans les archives hollandaises de l'époque", ce spécialiste du siècle d'or néerlandais y démêlait les fils complexes des personnages et des événements en les situant dans leur contexte historique. Et c'est bien pour nous inciter à la lecture de ce livre qui à ses yeux resterait "le travail définitif sur la question" que l'écrivain belge Simon Leys - qui s'était fait doubler - se contenta de publier un petit récit riche et synthétique sous le titre Les naufragés du Batavia, anatomie d'un massacre (Arléa, 2003), traçant de plus une ligne rouge des plus dissuasives pour ceux qui souhaiteraient revenir sur le sujet :

"Il est à craindre que romanciers et scénaristes continuent à se sentir inspirés par un drame dont les éléments – décor exotique, aventure, naufrage, violence, sexe, terreur, suspense, sauvetage in extrémis – semblent avoir été spécialement conçus pour Hollywood. Mais je pense que leurs efforts seront rendus vains pour une raison que Dash a eu lui même le mérite de percevoir : dans une pareille histoire, nulle imagination ne pourra jamais rivaliser avec la nue réalité des faits."

C'était là l'opinion d'un essayiste qui s'aventura parfois dans l'écriture de récits mais non celle d'un romancier. Et si on ne peut en effet rien ajouter aux faits, sauf à les exacerber dans un sensationnalisme racoleur et un voyeurisme complaisant, les contradictions et/ou le mystère entourant certains acteurs de cette histoire véridique – que Simon Leys a lui même soulignés - ouvrent un vaste espace à l'imagination. L'adoption d'un point de vue romanesque singulier sur ces faits réels peut de plus en enrichir considérablement la lecture, sans compter que cet univers de voyage et de commerce maritimes, ce monde du XVIIème siècle avec toute sa variété sociale réunie à bord du Batavia donnent à un écrivain l'occasion d'explorer divers registres langagiers...

 

Pieter Bruegel l'Ancien, Le triomphe de la mort

 

Ce sujet hante depuis de longues années Marc Biancarelli qui publia même en 2010 une courte nouvelle en langue corse intitulée L'appiccati di u Batavia sur le site numérique Tarrori è Fantasia.

Rien d'étonnant à cela car, s'il ne concerne pas cette Corse qui servit de cadre à ses romans précédents, on y retrouve l'insularité comme huis clos révélateur où se condensent toutes les passions humaines et où s'opposent les groupes dans de sauvages affrontements : un "atelier du pire" (expression utilisée dans Orphelins de Dieu) lui permettant de poursuivre cette interrogation sur la violence qui depuis ses débuts s'inscrit au coeur de son travail. De sonder les abimes de la nature humaine, les marges de choix qui s'offrent à l'homme quand il est pris dans l'engrenage de horreur... Et le fait que cet épisode particulièrement monstrueux se soit déroulé au sein d'un siècle florissant, où la jeune République des Provinces-Unies - tout juste sortie des violents soubresauts guerriers la dégageant de l'emprise espagnole - semblait atteindre l'apogée de la civilisation, ne pouvait que stimuler l'intérêt constant de l'auteur pour les oubliés de l'Histoire trop souvent masqués par une geste héroïque fallacieuse.


Porté par un trio de personnages magnifiquement étoffés et réinventés, Massacre des Innocents n'est pas avare d'envolées lyriques ni de fresques épiques, mais il s'avère néanmoins de prime abord un roman un peu déroutant. Car ce qui touche à la stricte réalité de cette horrible aventure du Batavia - et ne présente pas un intérêt majeur pour ceux qui connaissent déjà les détails de l'histoire - est finalement évoqué assez sobrement ou de manière décalée. Et, surtout, parce qu'on ne retrouve pas toute la puissance de ce souffle romanesque qui emportait le lecteur dans Murtoriu et Orphelins de Dieu. Mais c'était peut-être le prix à payer pour ne pas franchir la ligne rouge.

 

La reddition de Breda, Vélasquez, vers 1634

 

Sans éluder l'atroce violence du massacre ni du châtiment, Marc Biancarelli  semble préfèrer contourner l'obstacle, notamment en employant le recul de l'humour, n'hésitant pas ainsi à ridiculiser Cornelisz quand il affronte son supplice. Et il s'engouffre dans les quelques blancs disponibles pour inventer des épisodes de son cru, décrivant un massacre d'otaries des plus signifiants sur l'île du même nom, ou s'amusant à ajouter malicieusement un épisode cannibale renvoyant l'homme à son animalité. Bien qu'aimant raconter des histoires, l'auteur ne pouvait par ailleurs impulser à celle-ci tout son élan sans tomber dans un roman d'aventures inapproprié ou un thriller malvenu.

Peut-être bridé par ce réel très documenté, il n'a de plus quasiment pas pris en compte, du moins directement, ce long voyage précédant le naufrage qui fut le prélude annonciateur du massacre - et qui constitue notamment une part très importante du récit de Leys qui était aussi un marin -, ces difficiles conditions de vie à bord où la population grouillante entassée était "divisée en deux groupes très inégaux : les occupants du château arrière et la piétaille du gaillard d'avant", ce mépris des matelots pour ceux qui ne connaissent pas la mer et ces antagonismes de personnes propices aux mutineries. Un riche matériau éminemment romanesque - si on se réfère notamment à Omoo de Melville.

C'est peut-être aussi que, plus terrien que marin même s'il s'est essayé avec un certain brio à une scène de genre (la tempête et le naufrage), l'auteur se sent plus inspiré quand il se mue en peintre de batailles et arpente les profondeurs infernales des marécages.

 

Adriaen Brouwer, Scène de taverne

Frans Hals, Malle Babe

 

Emporté par la force de personnages en partie nourris de ses rêveries sur les peintures de l'époque, et avec lesquels il se déporte en amont, Marc Biancarelli paraît plus soucieux d'explorer le contexte historique, d'éclairer toute la face sombre de ce siècle à l'économie et à la culture rayonnantes en décrivant aussi sa misère et sa débauche, et sa terrifiante violence. Violence non seulement des guerres de résistance et d'indépendance mais aussi des conquêtes de juteux marchés outremer. Violences punitives notamment, exposées aux foules fascinées tant comme avertissement que comme divertissement, les bonnes gens ne boudant pas leur plaisir à ces spectacles, ni n'économisant leurs encouragements.

Et, reléguant l'aventure du Batavia sur un plan secondaire, il aborde finalement dans ce roman un sujet d'une toute autre ampleur. Un sujet pour lequel il a conçu un dispositif narratif éclaté pertinent, son récit juxtaposant, dans une sorte de parcours muséal nous faisant revivre cette époque, une série de tableaux tant picturaux que théâtraux. Un dispositif semblant s'articuler en profondeur autour de La Tempête de Shakespeare et d'une interprétation maniériste du fameux épisode biblique du massacre des Innocents par Cornelis Cornelisz Van Haarlem : une pièce de théâtre et une peinture se faisant écho à l'aube du siècle d'or (1) pour sonner le glas du rêve humaniste.

1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8cle_d%27or_n%C3%A9erlandais

 

Un trio de personnages permettant une approche complexe de la nature humaine

 

Le comportement différent de ces naufragés du Batavia ainsi placés dans des conditions extrêmes, les actes de ce couple antagoniste formé par Jeronymus Cornelisz et Weybbe Hayes, mais aussi cette formidable aptitude à résister et à survivre de Lucretia Jansdochter, cette belle aristocrate solitaire crânement embarquée sur le navire pour rejoindre son mari à l'autre bout du monde, offraient à l'auteur une occasion rêvée pour pénétrer la complexité de la nature humaine, ses forces de vie et de destruction. Pour s'interroger sur l'infinie capacité de l'homme à faire de ce monde un enfer alors qu'il pourrait parfois jouir de cette terre presque comme d'un paradis - ce qu'illustrait ce contraste entre l'organisation de la vie dans les îles tenues par chacun des deux protagonistes.

Sur les limites aussi au-delà desquelles aucune consolation humaine ni aucune rédemption ne semblent possibles.

 

Détail de La reddition de Breda (cf supra)

 

Sur Weybbe et sur Lucretia, l'auteur ne disposait que de peu d'éléments et il eut tout loisir de construire ces personnages, investissant le passé de soldat du premier - ainsi que de son loyal frère d'armes Otter Smit - dans de magistrales scènes de guerre, de sac et de pillage nous montrant toute la violence admise de l'époque. Et, faisant de Weybbe un être fragile comportant sa part d'ombre, un pécheur hanté par le remord, il évite une opposition trop manichéenne avec le personnage de Cornelisz.

Se fondant sur quelques traits de caractère de Lucretia, il incarne un magnifique personnage féminin alliant la force et la volonté à la compassion, créant de plus entre elle et Weybbe une intrigue amoureuse profonde et délicate. Une première pour un auteur ayant surtout jusqu'ici magnifié des personnages masculins et des amitiés viriles (2), les femmes, délibérément caricaturées avec humour, reflétant plus dans son oeuvre la vision qu'en ont certains hommes.

2) A l'exception peut-être de ce couple atypique formé par l'Infernu et la très jeune Vénérande (une gamine et non une femme) dans Orphelins de Dieu 

 

 

Nature morte avec bride et mors, Johannes Torrentius, 1614

 

Beaucoup d'éléments répertoriés par Dash et analysés surtout par Leys nous montraient déjà toutes les contradictions de Cornelisz dont la folie monstrueuse procédait paradoxalement d'une constante logique, faisant de lui un être complexe s'étant enfermé inéluctablement dans sa déchéance plus qu'un psychopathe. Et Marc Biancarelli va surtout creuser ses humiliations antérieures avec une certaine empathie, ainsi que son rapport avec le sulfureux Torrentius (3), peintre de génie qui se vantait de peindre avec l'aide du diable et fut condamné à la torture et à la mort pour hérésie - et à voir son oeuvre brûlée (une seule toile échappant au brasier) - peu avant son embarquement sur le Batavia. Un peintre qui fut semble-t-il son mentor et dont l'horrible fin l'a sans doute vivement impressionné. Une occasion pour l'auteur de nous donner à voir cette violence légale et non moins cruelle de la Justice de l'époque, laissant ainsi avec une ironie macabre le bourreau détailler de manière cynique le fonctionnement de ses divers instruments de torture plutôt que de décrire frontalement le supplice.

3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Torrentius 4) portant un regard pertinent sur un monde en plein bouleversement annonçant le règne du mercantilisme moderne

Marc Biancarelli nous emporte de plus dans son propre délire, imaginant que c'est la contemplation du fascinant tableau morbide d'un autre Cornelisz au domicile de son ami peintre qui fut le déclic révélateur, le moteur du Grand oeuvre satanique de Jeyronymus – ce Massacre des Innocents, avec le réalisme agressif de ses corps contorsionnés et décolorés, sa sensualité provocante à la limite de la bestialité, de l'obscénité, déclenchant chez ce dernier une jouissance extatique presque mystique.

 

Massacre des Innocents, Cornelisz Van Haarlem, 1590

 

Un dispositif narratif théâtro-pictural

 

Dix-huit tableaux équitablement répartis en deux parties - le dernier faisant office d'épilogue - structurent le roman, le terme indiquant au théâtre les changements de lieu ou de décor. Un ensemble d'images évoquant souvent des représentations picturales.

L'écriture, très visuelle, recourt à de nombreuses visions oniriques qui entrent en résonance, les personnages étant de plus submergés par les images de leur passé ou les convoquant. Des visions cauchemardesques notamment, confinant au fantastique et transcendant le réalisme pour mieux faire jaillir l'horreur, un peu comme chez Conrad.

Et Marc Biancarelli a appuyé toute son écriture sur l'esthétique de la riche peinture hollandaise du XVIIème siècle (Brueghel l'ancien, Torrentius, Frans Hals, Adriaen Brouwer, Cornelis Cornelisz Van Haarlem, Vermeer ... et même sur celle de Vélasquez), ses scènes nous renvoyant à plusieurs oeuvres ou à des oeuvres précises souvent nommées et décrites minutieusement, au risque parfois de casser l'élan insufflé par ailleurs à la plupart de ses tableaux narratifs - grâce à des scansions répétitives relançant un texte dans lequel se fondent avec fluidité les nombreux discours (l'absence de tirets ou de guillemets étant compensée par l'usage de caractères italiques).

Une écriture très théâtrale aussi avec de longues tirades incantatoires, des confessions, des exhortations et des monologues intérieurs plus que des dialogues.

Et, tout comme ce Massacre des Innocents de Cornelisz Van Haarlem, rompant avec ces représentations picturales où la violence était mise à distance par la beauté harmonieuse des corps, occupe une place centrale, La Tempête (1611), tragi-comédie de facture assez romanesque où Shakespeare tendait un miroir ironique à ses contemporains (4), semble une référence capitale pour appréhender le dernier ouvrage de Marc Biancarelli.

4) Portant un regard pertinent sur un monde en plein bouleversement annonçant le règne du mercantilisme moderne

 

Gravure du XIXème ( Prospero, Miranda et Caliban)

L'éclatement du mythe humaniste

Après une épigraphe tirée justement de La Tempête, l'auteur, calquant son roman sur la pièce du grand dramaturge nous plonge dans un déchaînement d'éléments précédant de peu le naufrage - alors qu'en réalité la seule tempête essuyée par le Batavia eut lieu quelques jours seulement après son départ. Une tempête symbolique balayant la hiérarchie des pouvoirs et annonçant la dislocation de l'ordre ancien comme va se disloquer la charpente du navire. Et les comportements des différents groupes de naufragés, qu'ils soient répartis sur les différents îlots de l'archipel ou les différents rivages de cette cellule-monde que représente l'île de Prospero, vont nous éclairer sur la nature humaine et nous enlever nos illusions.

Le sujet de La Tempête, comme celui de Massacre des Innocents semble moins un naufrage - du moins en son sens premier - qu'une remise en cause ironique du mythe humaniste qui avait cours depuis la Renaissance dans les sociétés occidentales de l'époque de Shakespeare (5) et qui survit encore dans une moindre mesure dans nos mentalités contemporaines : de la croyance au pouvoir de la raison, de valeurs civilisatrices assurant le progrès de l'humanité.

5) Cf http://journals.openedition.org/itineraires/1750?lang=en

Et les deux oeuvres montrent la fragilité de ces valeurs de civilité, de vertu et de raison, et l'hypocrisie des sociétés qui se réclament encore d'elles, tout comme la porosité des frontières entre barbarie et civilisation. Deux oeuvres mêlant le réel à l'illusion et le tragique au burlesque dont les tonalités langagières se font aussi écho, Marc Biancarelli jouant de la variété des registres, plus encore que dans ses livres précédents, et passant d'une truculence gouailleuse, voire bouffonne, à un noble ou grave langage au gré des événements et des personnages dans lesquels s'incarne sa narration.

 

La liseuse à la fenêtre, Johannes Vermeer, vers 1657

 

Prospero admettait au dernier acte les limites de sa condition humaine, se montrant alors accessible au pardon, et  la sage Lucretia accepte humblement de pénétrer dans les ténèbres pour sauver ce qui reste d'humanité. Car si l'humanisme est un leurre, l'humanité peut néanmoins s'exprimer dans sa capacité de compassion et d'amour.

Et l'amour qui unit Weybbe à Lucretia comme Ferdinand à Miranda sort en grand vainqueur de la noirceur de l'aventure, le dernier tableau de Marc Biancarelli s'ouvrant aussi sur un avenir lumineux (6), illustré par les toiles apaisantes de Vermeer. Un épilogue qui n'oublie pas de se clore avec la malice du poète s'adressant au spectateur/lecteur et faisant la part du réel et de la fiction, de ce que nous pouvons imaginer et de tout ce que nous ne saurons jamais.

6) Une douce "happy end" qui déroutera sans doute quelques lecteurs de Marc Biancarelli mais trouve tout son sens si on la relie à la pièce de Shakespeare...


Massacre des Innocents, tout en nous plongeant dans l'histoire et la culture du XVIIème siècle et en redonnant vie à ces lointains personnages, prend ainsi une résonance très actuelle en cette époque où l'on s'interroge sur ce regain effrayant et inattendu de barbarie. Un roman qui nous incite à plus de clairvoyance et d'humilité, nous empêchant malgré tout de désespérer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Massacre des Innocents, Marc Biancarelli, Actes Sud, 3 janvier 2018, 296 p.

 

A propos de l'auteur :

 

http://l-or-des-livres-blog-de-critique-litteraire.over-blog.com/biancarelli-marc.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcu_Biancarelli

 

EXTRAIT :

 

On peut lire les 10 premières pages sur le site de l'éditeur : ICI

 
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